Les inégalités croissent en France

Aux Etats-Unis, depuis la crise des subprimes en 2008, le revenu médian (autant de personnes qui gagnent plus que de personnes qui gagnent moins de ce revenu) a baissé de 1%. Dans le même temps, le 1% le plus riche du pays voyait ses revenus augmenter de plus de 200% (quadrupler, donc). Cherchez l’erreur. Seulement les Etats-Unis, capitalo-libéraux au possible, fondateurs de l’application de la théorie, ne sont pas les seuls à pécher en matière d’égalité. La France n’est pas non plus très glorieuse malgré ses objectifs ambitieux, et c’est un rapport de l’Insee qui le démontre aujourd’hui en publiant une étude sur les revenus et le patrimoine des Français. Résultat, des riches de plus en plus riches, des pauvres de plus en plus pauvres.

Une crise qui ne change pas la donne mais accentue ses effets pervers

Depuis 2008, il est plus difficile de sortir de la pauvreté, d’autant que celle-ci ne touche plus seulement les personnes en situation professionnelle précaire ou au chômage, mais aussi les salariés. Le phénomène des travailleurs pauvres semble être de nouveau d’actualité, et autant dire que les Français s’en seraient bien passés. Lorsqu’on travaille pour une bouchée de pain, il arrive que nous raisonnions de manière relativement logiques en nous disant que, finalement, il vaut peut-être mieux vivre aux crochets de l’Etat. Alors, tout est lié? Le fait est que les inégalités croissent sans cesse: les 40% des personnes les plus pauvres ont vu leurs conditions de vie se dégrader encore à -0.5% environ. Les 40% des Français les plus aisés, eux, ont connu une hausse de 0.5%. Et c’est sans considérer le haut et le bas absolus de la pyramide (les 1% des plus riches, 1% des plus pauvres par exemple).

Symptôme et/ou cause?

Les inégalités augmentent donc avec la crise. En ce sens, ils en sont une manifestation, une implication: il y a crise donc il y a inégalités. C’est ce qu’on tend à prouver, de manière empirique certes, en menant toutes ces études qui confirment l’hypothèse -explicable économiquement- que les inégalités sont plus importantes quand un pays est en mauvaise santé économique. On penserait presque que ces logiques en vue des mécanismes qui sont les nôtres -même si ce n’est que relativement logique dans une optique de bon sens. Cependant, s’arrêter là serait, sinon naïf, au moins restrictif. Considérez l’éventualité suivante: la crise fait les inégalités, mais à l’inverse, les inégalités font peut-être la crise… à bon entendeur, salut.