Les violences à l’éducation nationale

Le 3 juillet, l’Insee publiait ses chiffres concernant les insultes et violences subies dans le monde du travail en fonction du métier de la personne les subissant. Le résultat est sans appel: les personnes travaillant pour l’éducation nationale sont à peu près deux fois plus exposées aux agressions verbales que les autres professionnels, quel que soit leur domaine d’activité (en moyenne). Dans l’exercice de leur métier, 12% des personnels de l’éducation nationale subissent des insultes ou des menaces: les auteurs en sont les élèves pour le secondaire et, plus étonnant, les adultes pour le primaire (où les agressions se font plus rares tout de même, quasiment au niveau de la moyenne nationale). Les plus touchés sont les jeunes professeurs, comme on pouvait s’y attendre. Symptôme d’une société qui élève mal sa descendance?

L’étude qui chiffre une vérité évidente

On sous-estime probablement l’importance du phénomène des insultes et menaces dans le cadre de l’Education Nationale. Si tout le monde se doute que les professeurs ont parfois la vie dure, il est probablement plus difficile d’estimer avec précision l’ampleur des dégâts -deux fois supérieurs à toutes les autres professions confondues. Les violences physiques à l’égard des professeurs, enseignants, assistants, administrateurs etc. de l’Education Nationale ont lieu à la même fréquence que pour les autres personnes occupant un emploi, 12% de ce personnel est concerné par les menaces ou les insultes dans le cadre de sa profession -les chiffres ont été recueillis entre 2007 et 2013.

Des agressions symptomatiques

Si les collégiens et lycéens s’en prennent eux-même au corps professoral et administratif, dans le cadre de l’enseignement primaire, ce sont les parents d’élèves qui sont à l’origine des violences verbales… inutile donc de s’étonner de la violence des enfants qui grandissent s’ils sont éduqués dans une logique comme celle-ci. D’une manière générale, les insultes sont subies par des personnes souvent discriminées dans un cadre plus général: les femmes sont plus concernées que les hommes, les enseignants les plus jeunes (moins de 30 ans) sont particulièrement touchés -sachant qu’un professeur novice démarre souvent sa carrière en trombes, dans un collège de ZEP.